1. Le contexte socio-économique et le déficit halieutique
Le sous-secteur de la pêche et de l’aquaculture joue un rôle clé dans l'économie béninoise : il contribue à hauteur d'environ 3 % au PIB, emploie près de 15 % de la population active totale et représente un quart des actifs du secteur agricole.
Malgré cette importance, la production nationale reste historiquement déficitaire :
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Une dépendance aux importations : La production halieutique locale (pêche artisanale et aquaculture combinées) stagne globalement autour de 40 000 tonnes par an, ce qui ne couvre que 35 % environ des besoins nationaux, estimés à plus de 113 000 tonnes.
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Le recours aux poissons congelés : Pour combler ce déficit de plus de 70 000 tonnes, le Bénin importe massivement des poissons congelés (chinchards, sardinelles, maquereaux).
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Le rôle de l'aquaculture : Longtemps marginale (représentant moins de 1 % à 3 % de la production halieutique selon les époques), la pisciculture progresse. Elle est passée par exemple de 309 tonnes en 2009 à 1 489 tonnes en 2014, portée par des plans stratégiques visant à augmenter la part locale grâce à l'élevage contrôlé.
2. Les zones de production et infrastructures
La grande majorité de la pisciculture continentale béninoise (plus de 90 %) est concentrée dans les départements du Sud (principalement l’Atlantique, l’Ouémé, le Mono, le Couffo, le Littoral, le Plateau et le Zou). Ces zones géographiques profitent d'un réseau hydromorphe et de plans d'eau propices.
Trois principaux types d'infrastructures y sont exploités pour le tilapia :
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Les étangs en terre (à ciel ouvert) : C'est le système traditionnel le plus répandu chez les petits producteurs (notamment dans la vallée de l'Ouémé et l'Atlantique).
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Les enclos en milieu lagunaire : Pratiqués dans les zones peu profondes des lacs (comme le lac Nokoué), avec des densités moyennes de 15 à 25 poissons par mètre carré.
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Les cages flottantes : Déployées dans les cours d'eau ou les réservoirs (y compris dans le Nord comme à Batran ou Songhaï). Ce système permet de fortes densités de mise en charge (parfois autour de 100 à 135 alevins par mètre cube) et assure une bonne oxygénation naturelle par le courant.
3. Les défis techniques de l'élevage du Tilapia
La filière fait face à deux obstacles techniques majeurs que les projets étatiques (comme le projet PROVAC) et les partenaires internationaux tentent de résoudre :
A. La maîtrise de la reproduction (La surpopulation des étangs)
Le tilapia du Nil possède une maturité sexuelle précoce et se reproduit naturellement chaque mois en étang. Sans contrôle, cette reproduction anarchique engendre une surpopulation rapide. Les poissons entrent en compétition pour la nourriture et l'espace, ce qui bloque leur croissance.
De plus, les femelles grandissent moins vite car elles pratiquent l'incubation buccale (elles gardent les œufs dans leur bouche et cessent de s'alimenter).
La solution technique : Pour y remédier, la recherche et les structures d'encadrement ont vulgarisé la production d'alevins monosexes mâles via l'inversion hormonale (utilisation du 17α-méthyltestostérone sous protocole strict), car les mâles affichent un rendement de croissance nettement supérieur.
B. Le coût et la disponibilité des intrants
Le coût élevé des aliments industriels importés pèse lourdement sur la rentabilité des fermes. Des initiatives locales (comme le projet Béninclusif soutenu par Swisscontact) introduisent des innovations biologiques, notamment la production d'aliments de substitution à base de larves de mouches soldats noires (Black Soldier Fly) pour abaisser les coûts de production tout en maintenant l'apport en protéines nécessaires.
L'expansion de la production de tilapia reste l'un des leviers prioritaires du gouvernement béninois pour réduire la facture des importations de poissons congelés et garantir la sécurité protéique du pays.

