Un potentiel zootechnique hors norme pour le marché béninois
Le choix du Pangasius par les pisciculteurs et les chercheurs béninois ne doit rien au hasard. Originaire des grands bassins fluviaux d'Asie du Sud-Est (notamment le Mékong), ce poisson-chat présente des caractéristiques biologiques uniques qui répondent directement aux limites de la pisciculture locale traditionnelle :
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Une respiration aérienne facultative : Grâce à une vessie natatoire modifiée qui lui sert de poumon primitif, le Pangasius peut capter l'oxygène directement à la surface de l'eau. Pour l'éleveur béninois, cela signifie une réduction drastique des risques d'asphyxie globale du bassin lors des pics de chaleur, éliminant ainsi le besoin d'investir dans de coûteux systèmes d'aération artificielle.
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Une densité d'élevage exceptionnelle : Contrairement au Tilapia, qui exige de grands volumes d'eau et s'avère territorial, le Pangasius est un poisson grégaire qui tolère des niveaux de promiscuité très élevés. Les rendements au mètre cube se voient ainsi démultipliés.
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Valorisation de l'amidon et baisse des coûts : L'alimentation représente souvent plus de 60 % des charges d'une exploitation aquacole. Les travaux scientifiques montrent que le Pangasius possède une excellente capacité à digérer et valoriser l'amidon. L'incorporation de glucides (matières végétales locales) permet de limiter le taux de protéines animales coûteuses dans les granulés sans freiner sa croissance rapide.
Vers une homologation officielle et encadrée : L'action de l'ATDA
Consciente que de nombreux producteurs béninois ont commencé à introduire de manière informelle le Pangasius dans leurs bassins pour booster leur rentabilité, l'Agence Territoriale de Développement Agricole (ATDA) a pris le sujet à bras-le-corps pour éviter toute anarchie environnementale.
Une étape institutionnelle majeure a été franchie avec la tenue d'un comité technique élargi visant à examiner et pré-valider l'étude d'impact environnemental et social liée à l'introduction formelle du Pangasius dans la pisciculture au Bénin.
Cette démarche scientifique, impliquant des consultants spécialisés, des experts de la Direction de la Production Halieutique et des représentants des pisciculteurs, a pour objectif de fixer le cadre légal et technique de sa production. Il s'agit notamment de définir des mesures de mitigation pour s'assurer que l'élevage intensif de cette espèce exotique ne vienne pas perturber les écosystèmes aquatiques naturels du pays.
Les défis de la reproduction en captivité et de la structuration
Le développement à grande échelle de la filière Pangasius au Bénin se heurte toutefois à un verrou technique bien connu des biologistes : l'absence de reproduction spontanée en captivité. Dans un étang ou un bac hors-sol, les facteurs environnementaux des fleuves d'origine (crues, migrations) sont absents. Les géniteurs atteignent leur maturité sexuelle, mais ne pondent pas.
Pour pérenniser la filière, le Bénin doit donc maîtriser l'étape de l'hypophysation (l'injection d'hormones pour déclencher l'ovulation et la production de semence) et l'alvinage. La structuration d'écloseries modernes et performantes est le défi majeur des prochaines années pour fournir des alevins de qualité et en quantité constante aux fermes de grossissement.
En encadrant scientifiquement cette introduction, le Bénin prépare le terrain pour une aquaculture moderne, capable de réduire sa dépendance aux importations et d'offrir une source de protéines accessible à toute la population.
Cette vidéo présente les détails des sessions de validation technique menées par les autorités agricoles béninoises (ATDA) concernant l'introduction officielle et sécurisée du Pangasius dans le paysage aquacole national :
Rapport de validation sur l'introduction du Pangasius au Bénin.

